Paul Pommier

« Paul Pommier, né en 1888, n’avait qu’une instruction dite primaire. Mais celle qu’il reçut à l’école communale, sous la direction de M. Benoît Bayle, l’instituteur vénéré de Suze à la fin du xixe siècle, dans les débuts de l’école laïque de Jules Ferry, fut ­suffisante pour lui donner un niveau de connaissances que beaucoup pourraient envier aujourd’hui ; son goût d’apprendre fit le reste : il fut un autodidacte cultivé, voire lettré, et, en particulier, il écrivait dans un style admirable.

Je ne sais pas comment se manifesta son talent de poète : ce fut assez tôt, vers dix-huit ans, qu’il commença de l’exercer, semble-t-il. Il était paysan et il paraît que, parfois, au milieu de ses travaux, même s’agissant de labours, il s’arrêtait, attelage compris, pour noter une idée, un mot, une rime, un vers, et repartait content, sous le regard ahuri et sans doute apitoyé de ses compagnons. »

(Extrait de la préface de Georges Pommier.)

Dominique Tissot

Dominique Tissot est l’auteur de livres de poésie : Oiseaux – Sables (L’Amandier, 2012), Citta (revues numériques Terre à Ciel et Remue.net, 2013), Ajouter au jour (Le Soupirail, 2019).
Il a également contribué aux revues de poésie Friches (2004), Décharge (n° 124, 2004), Petite (n° 18-19, 2005), Rehauts (n° 19, 2007), N4728 (n° 12, 2007 et n° 15, 2009), Écrits du Nord (n° 29-30, 2016), Triages (n° 29, 2017).
Son écriture multiplie les angles morts, procède par faux pas, bribes, sonorités, syncopes. Il tente de saisir la trace, l’infime, le brin d’herbe, le souffle de l’être aimé, les êtres rejetés dans l’ombre, d’entrer dans « l’intimité du monde », selon l’expression de Philippe Lacoue-Labarthe.
Parallèlement à sa démarche poétique, il a engagé depuis quelques années des recherches historiques sur la région où il vit. Il contribue aux Carnets du Ventoux, a publié des articles dans la revue Études comtadines, ainsi que les ouvrages suivants : Histoire d’un village du Comtat Venaissin : La Roque-Alric (2015), Histoire d’un village provençal : Suzette (Esprit des lieux, 2018), Itinéraires d’VGo, tailleur de pierre roman, en Provence ( Offray, 2022). Loin du repli sur un passé imaginaire, l’histoire devient pour lui un chemin de complexité, de questionnement et d’ouverture.

Raphael Luiz DE ARAúJO

Étudiant de doctorat au département de lettres modernes de l’Université de São Paulo sous la direction de Claudia Pino, et boursier de la ­Fondation d’appui à la recherche de l’État de São Paulo.

Membre du groupe éditorial de la revue Criação & Crítica de l’Université de São Paulo, traducteur des œuvres de Pierre Lemaître, d’Antoine de Saint-Exupéry et d’Albert Camus vers le portugais brésilien. L’auteur a également publié quelques articles sur Camus au Brésil concernant surtout l’intertextualité de son œuvre, et a contribué à l’organisation de l’exposition « Na terra da desmedida : a visita de Albert Camus ao Brasil » (« Dans la terre de la démesure : la visite d’Albert Camus au Brésil »).

Guy Basset

Après des études universitaires de philosophie à Paris X Nanterre, Guy Basset s’est d’abord orienté vers le monde industriel avant de revenir à l’enseignement. Parallèlement à sa carrière dans le domaine des ressources humaines, il a publié, comme chercheur indépendant, de nombreux articles sur la vie intellectuelle, universitaire et artistique à Alger entre 1880 et 1970.

Il s’est tout particulièrement intéressé à l’œuvre d’Albert Camus, publiant de nombreux articles et contribuant régulièrement à la revue Présence d’Albert Camus, revue de la Société des études camusiennes dont il est administrateur dès la création. Il est l’auteur d’un Camus chez Charlot (Pézenas, Domens, 2015) et il a coordonné la publication des actes d’un colloque sur Camus, la philosophie et le christianisme (Paris, Cerf, 2012). Il est intervenu à plusieurs reprises dans les Journées internationales Albert Camus, à Lourmarin.

Il a rédigé de nombreuses notices dans le dictionnaireL’Algérie et la France, Jeannine Verdès-Leroux dir. (Paris, Robert Laffont, 2009), et dans le Dictionnaire Albert Camus, Jeanyves Guérin dir. (Paris, Robert Laffont, 2009). Intervenant en France et à l’étranger, il est docteur ­ès-lettres de Paris 3 Sorbonne nouvelle depuis 2016.

Publications récentes :

- « Camus au pays du xviie siècle français »Revue d’histoire littéraire de la France, 2013, no 4, p. 807-814 ;

- « Bien faire son métier », in Ève Morisi (dir.), Camus et l’éthique, Paris, Garnier, coll. Rencontres, no 95, 2014, p. 131-142 ;

- « Camus en Méditerranée orientale », actes du colloque d’Amman, Jordanie, 28 mars 2013, Amman, Librairie Alameyra, 2014, p. 187-201 ;

- Camus et les peintres d’Algérie : une longue amitié (1930-1960), en collaboration avec Florence Khammari et Odile Teste, exposition à Lyon du 11 au 24 janvier 2014, Lyon, Association Coup de Soleil Rhônes-Alpes, 2014 ;

- « Les collections des différentes éditions Charlot », « Les imprimeurs des éditions Charlot », in François Bogliolo, Jean-Charles Domens, Marie-Cécile Vène et al., Edmond Charlot, catalogue raisonné d’un éditeur méditerranéen, Pézenas, Domens, 2015 ;

- « La terre algérienne d’Edmond Charlot », Le Lien, association Les Amis de Max Marchand, Mouloud Feraoun et leurs compagnons, no 66, 2015 ;

- « La faculté des lettres d’Alger chez Charlot : étudiants et enseignants », Présence d’Albert Camus no 8, 2016, p. 109-122 ;

- « Aperçus sur la correspondance Berbrugger-Urbain », in Michel Levallois et Philippe Régnier (dir.), Les Saint-Simoniens dans l’Algérie du xixe siècle, Paris, Riveneuve, 2016, p. 91-101 ;

- « La place des proverbes dans l’œuvre scientifique de René Basset », in Marie-Sol Ortola (dir.), La Sagesse en base de données, Alientono 10, Nancy, PUN, 2018, p. 501-518 ;

- « Fleurs de sourire dans la proximité de Camus », Le Sourire d’Albert Camus, actes du colloque d’Aix-en-Provence, 8-11 novembre 2017, David Walker (dir.), Columbia (SC), CSIP, 2018, p. 117-126.

Carole RUEL

« Je vis dans un désordre alphabétique. Les mots se bousculent pour chercher à me plaire. Parfois une idée jaillit presque par hasard. Mais la phrase s’étiole par manque de conviction. Il lui faut de l’oxygène, et sûrement plus de lumière. Le noir trace son chemin tout en minuscule. Il comble l’espace et renvoie subrepticement à la ligne. Encore un peu, sans s’arrêter, il pourrait même s’accrocher à la plume. »

Voilà que mon univers rejoint celui de Stéphane, mon poète de la lumière qui rend l’écriture possible. Il est ma voie dans le silence des mots en partance.

Nous nous sommes croisés presque par hasard et je l’ai suivi comme une évidence. Les images et les textes se sont promis l’un à l’autre ; chaque ouvrage est une part de nous, entre complicité et tendresse.

Stéphane Ruel

Photographe professionnel domicilié dans le Vaucluse, Stéphane Ruel aime donner à voir autrement. Son travail sur la nature poétise le genre. Ses portraits et histoires d’hommes invitent à la rencontre et au partage.

Parce que la photographie reflète les âmes, et qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, il faut savoir porter le regard au-delà de la technique, être réceptif au monde qui nous entoure.

C’est cela l’avis du photographe, la vie comme elle devrait se vivre !

« Parce que je ne savais rien faire d’autre, j’ai d’abord été musicien. Par la suite j’ai intégré une école de graphisme à Marseille, dans le Sud de la France, où j’ai obtenu un prix d’excellence en 2007. La photographie est arrivée plus tard même si la passion de l’image a toujours été là. Je travaille en numérique depuis toujours mais je suis d’un naturel curieux et j’évolue en permanence. La nature est mon espace de jeux privilégié et, comme j’ai gardé mes yeux d’enfant, mon univers est plutôt poétique. Mon ambition première est de faire ressentir des émotions. »

Chaque cliché est un coup de cœur, un hymne à la joie, une ode à la vie !

L. Cigalier

Un jour, j’ai rencontré, dans un grand parc botanique, un homme d’une certaine importance qui se promenait avec sa fille d’une dizaine d’années. Le père, en éducateur comme il faut, ne cessait d’interroger sa fille sur les noms des plantes et des arbres.

Je les croisai au moment où celle-ci commençait à en avoir plein la tête, lorsque j’entendis le père demander, de sa voix puissante : « Comment s’appelle cet arbre-là ? » tout en pointant un arbre au milieu du parc. L’arbre en question n’avait à mes yeux rien de remarquable, sinon qu’il était rempli de cigales qui chantaient à tue-tête. La fillette leva les yeux au ciel et répondit avec un grand soupir : « Un cigalier ! »

Le père se fâcha, et gronda : « Quelle réponse stupide, concentre-toi ! »

Mais l’enfant n’avait pas tort : l’arbre, tant il était rempli de cigales, pouvait bien être un cigalier.

Je me rendis compte à cet instant que, ainsi, un simple arbuste, un pin parasol, un chêne vert ou n’importe quel arbre peut devenir un cigalier et se mettre à chanter.

Depuis cette rencontre, le cigalier est devenu pour moi un objet, un instant, une situation, un c(h)œur, une personne, en fait, n’importe quoi qui CHANTE, et j’ai adopté ce nom pour signer mes compositions.