L. Cigalier

Un jour, j’ai rencontré, dans un grand parc botanique, un homme d’une certaine importance qui se promenait avec sa fille d’une dizaine d’années. Le père, en éducateur comme il faut, ne cessait d’interroger sa fille sur les noms des plantes et des arbres.

Je les croisai au moment où celle-ci commençait à en avoir plein la tête, lorsque j’entendis le père demander, de sa voix puissante : « Comment s’appelle cet arbre-là ? » tout en pointant un arbre au milieu du parc. L’arbre en question n’avait à mes yeux rien de remarquable, sinon qu’il était rempli de cigales qui chantaient à tue-tête. La fillette leva les yeux au ciel et répondit avec un grand soupir : « Un cigalier ! »

Le père se fâcha, et gronda : « Quelle réponse stupide, concentre-toi ! »

Mais l’enfant n’avait pas tort : l’arbre, tant il était rempli de cigales, pouvait bien être un cigalier.

Je me rendis compte à cet instant que, ainsi, un simple arbuste, un pin parasol, un chêne vert ou n’importe quel arbre peut devenir un cigalier et se mettre à chanter.

Depuis cette rencontre, le cigalier est devenu pour moi un objet, un instant, une situation, un c(h)œur, une personne, en fait, n’importe quoi qui CHANTE, et j’ai adopté ce nom pour signer mes compositions.

Philippe VANNEY

Professeur de langue et civilisation françaises à l’Université Dokkyo (Japon). Ses recherches portent sur les écrits politiques et journalistiques de Camus.

A participé :

à l’édition des Œuvres complètes de Camus dans la Pléiade, Paris, Gallimard, 2006-2008 ;

au Dictionnaire Albert Camus, Jeanyves Guérin, dir., Paris, Robert Laffont, 2009 ;

et au Cahier de L’Herne no 103 consacré à Camus, 2013.

Directeur de la Série Camus à la Revue des Lettres Modernes Minard et membre du comité de rédaction de la revue japonaise Études camusiennes.

Heinz Robert SCHLETTE

Heinz Robert Schlette est docteur en philosophie, docteur en théologie — les deux à l’université de Munich. Il est titulaire d’une habilitation en philosophie à l’université de Sarrebruck et professeur émérite de philosophie à l’université de Bonn. 

Il a publié :

Das Eine une das Andere. Studien zur Problematik des Negativen in der Metaphysik Plotins, München, Max Hüber, 1966 ;

Albert Camus : Welt und Revolte, Freiburg/München, Alber, 1980 ;

Weltseele, Geschichte und Hermeneutik, Frankfurt, Knecht, 1993 ;

« Der Sinn der Geschiche von Morgen », Albert Camus Hoffnung, 1995 ;

Erkennis und Erinnerung. Albert Camus Pest-Chronik. Interpretation und Aktualität, Bonn, Djre, 1998 ;

« Rejoindre les Grecs. Griechen und Christen bei Albert Camus », Jahrbuch für Antike und Christentum, 42, 1999, p. 5-19 ;

« À propos du “suicide philosophique” chez Camus », in Guy Basset et Hubert Faes (éd.), Camus. Le philosophe et le christianisme, Paris, Cerf, 2012.

Anne PROUTEAU

Anne Prouteau est maître de conférences en littérature française à l’Université catholique de l’Ouest. Sa recherche porte sur la ­littérature contemporaine, et en particulier sur le corpus camusien : sa thèse est parue sous le titre Albert Camus ou le présent impérissable, avec une postface de Paul Viallaneix (Orizons, Universités/Domaine Littéraire, 2008).

Vice-présidente de la Société des études camusiennes, elle participe au rayonnement de l’œuvre de l’écrivain et a organisé des événements camusiens en collaboration avec le Centre Pompidou, en 2010 et en 2013. Elle a collaboré au Dictionnaire Camus (Paris, Laffont, 2009) et au Cahier de L’Herne no 103 consacré à Camus, 2013.

Elle a coorganisé plusieurs colloques consacrés à Camus : 

- Lire les Carnets d’Albert Camus, Lille, Septentrion, 2012 ;

- Camus l’artiste, Rennes, PUR, 2015.

Les actes du troisième colloque, Camus et les vertiges du sacré, paraîtront en 2019.

Pierre-Olivier MONTEIL

Docteur en philosophie politique (EHESS) et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, Pierre-Olivier Monteil est chercheur associé au Fonds Ricœur, où il mène une réflexion sur la pensée politique de Paul Ricœur.

À l’université Paris-Dauphine et à l’ESCP Europe, il assure un enseignement en éthique du management et des métiers d’accompagnement, en articulation avec l’éthique du vivre-ensemble.

Il intervient dans ces mêmes domaines en tant que formateur et consultant, en entreprise et en institution.

Précédemment, Pierre-Olivier Monteil a été rédacteur en chef de la revue Autres Temps. Cahiers d’éthique sociale et politique de 1991 à 2003, parallèlement à ses activités de cadre supérieur en entreprise.

Outre une centaine d’articles dans des revues scientifiques ou généralistes, il a publié une dizaine d’ouvrages, parmi lesquels :

- Portrait du zappeur. Sens et contresens de l’individualisme contemporain, Genève, Labor et Fides, 1994 ;

- La Grâce et le désordre. Entretiens sur le protestantisme et la modernité, Avec J. Baubérot, J.-P Willaime, M. Gauchet, M. Augé, O. Mongin, O. Abel, P. Bühler et P. Gisel, Genève, Labor et Fides, 1998 ;

- Abécédaire du bien commun, Paris, Îlots de résistance, 2012 ;

- Ricœur politique, Rennes, PUR, 2013 ;

- Reprendre confiance, Paris, Bourin, 2014 ;

- Éthique et philosophie du management, Toulouse, Érès, 2016 ;

- Macron par Ricœur ; le philosohe et le politique, Paris, Lemieux, 2017.

Il est l’éditeur scientifique d’un recueil de textes politiques de Paul Ricœur, Politique, économie et société, à paraître en 2019 (Seuil).

Lou MARIN 

Lou Marin (nom de plume) faisait partie du réseau des groupes d’actions directes et non violentes en Allemagne autour de la revue Graswurzel­revolution – pour une société non violente et sans domination, un courant anarchiste non violent. Il a milité au mouvement antinucléaire, antimilitariste et antiraciste. En 2001, il s’installe à Marseille et devient membre du CIRA de Marseille (Centre international de recherches sur l’anarchisme). Il conduit jusqu’à nos jours des recherches sur les liens de Camus avec les libertaires.

Publications sur Camus et les libertaires en français, en allemand et en espagnol.

Albert Camus, Écrits libertaires (1948-1960), Montpellier, Indigène, 2016, 4e édition (1re édition : Marseille, Égrégores, 2008) ;

Camus et sa critique libertaire de la violence, Montpellier, Indigène, 2011, 3e édition (1re édition : 2010) ;

« La réception de l’œuvre de Camus par les anarchistes dans les pays anglophones et germanophones », in Le Don de la Liberté. Les relations d’Albert Camus avec les libertaires, Lourmarin, RMAC, 2009, p. 45-63 ;

« Camus n’est pas un réformiste ! », Le Point, hors-série Les Maîtres-penseurs : « Albert Camus. La revanche », no 15, oct-nov. 2013, p. 18-19 ;

« Onfray contre les libertaires. Michel Onfray contre l’historiographie anarchiste dans son livre sur Albert Camus », Le Monde libertaire, no 1658, 2-8 février 2012, p. 15-17.