Carole RUEL

« Je vis dans un désordre alphabétique. Les mots se bousculent pour chercher à me plaire. Parfois une idée jaillit presque par hasard. Mais la phrase s’étiole par manque de conviction. Il lui faut de l’oxygène, et sûrement plus de lumière. Le noir trace son chemin tout en minuscule. Il comble l’espace et renvoie subrepticement à la ligne. Encore un peu, sans s’arrêter, il pourrait même s’accrocher à la plume. »

Voilà que mon univers rejoint celui de Stéphane, mon poète de la lumière qui rend l’écriture possible. Il est ma voie dans le silence des mots en partance.

Nous nous sommes croisés presque par hasard et je l’ai suivi comme une évidence. Les images et les textes se sont promis l’un à l’autre ; chaque ouvrage est une part de nous, entre complicité et tendresse.

Stéphane Ruel

Photographe professionnel domicilié dans le Vaucluse, Stéphane Ruel aime donner à voir autrement. Son travail sur la nature poétise le genre. Ses portraits et histoires d’hommes invitent à la rencontre et au partage.

Parce que la photographie reflète les âmes, et qu’on ne voit bien qu’avec le cœur, il faut savoir porter le regard au-delà de la technique, être réceptif au monde qui nous entoure.

C’est cela l’avis du photographe, la vie comme elle devrait se vivre !

« Parce que je ne savais rien faire d’autre, j’ai d’abord été musicien. Par la suite j’ai intégré une école de graphisme à Marseille, dans le Sud de la France, où j’ai obtenu un prix d’excellence en 2007. La photographie est arrivée plus tard même si la passion de l’image a toujours été là. Je travaille en numérique depuis toujours mais je suis d’un naturel curieux et j’évolue en permanence. La nature est mon espace de jeux privilégié et, comme j’ai gardé mes yeux d’enfant, mon univers est plutôt poétique. Mon ambition première est de faire ressentir des émotions. »

Chaque cliché est un coup de cœur, un hymne à la joie, une ode à la vie !

L. Cigalier

Un jour, j’ai rencontré, dans un grand parc botanique, un homme d’une certaine importance qui se promenait avec sa fille d’une dizaine d’années. Le père, en éducateur comme il faut, ne cessait d’interroger sa fille sur les noms des plantes et des arbres.

Je les croisai au moment où celle-ci commençait à en avoir plein la tête, lorsque j’entendis le père demander, de sa voix puissante : « Comment s’appelle cet arbre-là ? » tout en pointant un arbre au milieu du parc. L’arbre en question n’avait à mes yeux rien de remarquable, sinon qu’il était rempli de cigales qui chantaient à tue-tête. La fillette leva les yeux au ciel et répondit avec un grand soupir : « Un cigalier ! »

Le père se fâcha, et gronda : « Quelle réponse stupide, concentre-toi ! »

Mais l’enfant n’avait pas tort : l’arbre, tant il était rempli de cigales, pouvait bien être un cigalier.

Je me rendis compte à cet instant que, ainsi, un simple arbuste, un pin parasol, un chêne vert ou n’importe quel arbre peut devenir un cigalier et se mettre à chanter.

Depuis cette rencontre, le cigalier est devenu pour moi un objet, un instant, une situation, un c(h)œur, une personne, en fait, n’importe quoi qui CHANTE, et j’ai adopté ce nom pour signer mes compositions.

Philippe VANNEY

Professeur de langue et civilisation françaises à l’Université Dokkyo (Japon). Ses recherches portent sur les écrits politiques et journalistiques de Camus.

A participé :

à l’édition des Œuvres complètes de Camus dans la Pléiade, Paris, Gallimard, 2006-2008 ;

au Dictionnaire Albert Camus, Jeanyves Guérin, dir., Paris, Robert Laffont, 2009 ;

et au Cahier de L’Herne no 103 consacré à Camus, 2013.

Directeur de la Série Camus à la Revue des Lettres Modernes Minard et membre du comité de rédaction de la revue japonaise Études camusiennes.

Heinz Robert SCHLETTE

Heinz Robert Schlette est docteur en philosophie, docteur en théologie — les deux à l’université de Munich. Il est titulaire d’une habilitation en philosophie à l’université de Sarrebruck et professeur émérite de philosophie à l’université de Bonn. 

Il a publié :

Das Eine une das Andere. Studien zur Problematik des Negativen in der Metaphysik Plotins, München, Max Hüber, 1966 ;

Albert Camus : Welt und Revolte, Freiburg/München, Alber, 1980 ;

Weltseele, Geschichte und Hermeneutik, Frankfurt, Knecht, 1993 ;

« Der Sinn der Geschiche von Morgen », Albert Camus Hoffnung, 1995 ;

Erkennis und Erinnerung. Albert Camus Pest-Chronik. Interpretation und Aktualität, Bonn, Djre, 1998 ;

« Rejoindre les Grecs. Griechen und Christen bei Albert Camus », Jahrbuch für Antike und Christentum, 42, 1999, p. 5-19 ;

« À propos du “suicide philosophique” chez Camus », in Guy Basset et Hubert Faes (éd.), Camus. Le philosophe et le christianisme, Paris, Cerf, 2012.

Anne PROUTEAU

Anne Prouteau est maître de conférences en littérature française à l’Université catholique de l’Ouest. Sa recherche porte sur la ­littérature contemporaine, et en particulier sur le corpus camusien : sa thèse est parue sous le titre Albert Camus ou le présent impérissable, avec une postface de Paul Viallaneix (Orizons, Universités/Domaine Littéraire, 2008).

Vice-présidente de la Société des études camusiennes, elle participe au rayonnement de l’œuvre de l’écrivain et a organisé des événements camusiens en collaboration avec le Centre Pompidou, en 2010 et en 2013. Elle a collaboré au Dictionnaire Camus (Paris, Laffont, 2009) et au Cahier de L’Herne no 103 consacré à Camus, 2013.

Elle a coorganisé plusieurs colloques consacrés à Camus : 

- Lire les Carnets d’Albert Camus, Lille, Septentrion, 2012 ;

- Camus l’artiste, Rennes, PUR, 2015.

Les actes du troisième colloque, Camus et les vertiges du sacré, paraîtront en 2019.